dimanche 25 janvier 2009

Terminale - L'émigration des Philippins à Hong Kong

A Hong Kong, dans ce que l'on nomme à tort le "quartier des affaires", l'événement est si impressionnant qu'il a fini par figurer dans le Lonely Planet, le city-guide très tendance. Chaque week-end, des dizaines de milliers de jeunes Philippines, employées comme domestiques, se rencontrent autour de Statue Square et instituent ainsi une intense sociabilité.

Assises par terre, sur des cartons ou des bâches, à l'abri du soleil, elles aiment se retrouver pour manger, jouer aux cartes ou tuer le temps en bavardant (en tagalog, leur langue maternelle), en lisant le journal, en se faisant manucurer, en téléphonant au pays ou en regardant un dvd, voire en dormant. En voici quelques images :


Estimée à plus de 8 millions, l'immigration de la main-d'oeuvre en provenance des Philippines est la plus importante migration de travailleurs du monde. Elle représente 25 % de la population active et 9 % de la population totale de l'archipel, dit l'Atlas des migrations (2008, 108) d'où est tirée la carte ci-dessous.


Fait très rare, cette émigration a officiellement été favorisée par l'Etat philippin qui crée, en 1974, une nouvelle catégorie statistique de travailleurs : les Overseas Filipino Workers. Pour lui, elle génère une importante manne financière capable de lutter contre la pauvreté. En 2006, les transferts d'argent par les migrants représentaient 13,4 % du PIB de l'archipel, plaçant les Philippines au 13e rang mondial des pays bénéficiant d'une aide de leurs migrants :

Source : DURAND, M.-F, & al. (2007). Atlas de la mondialisation. Comprendre l'espace mondial contemporain. p. 25.

A Hong Kong, les points où l'on peut envoyer des remises au pays sont aisément reconnaissables grâce aux enseignes publicitaires portant le drapeau philippin. Vous l'avez répéré dans la photographie ci-dessous, prise sur Nathan Road ?


Revenons à nos Philippines de Statue Square. Quand le soir tombe, le début de la semaine est semble sonné, elles remballent leurs affaires et disparaissent. Finie la cacophonie en tagalog, il ne reste plus grand-chose de leur présence dominicale :